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Patrimoine architectural

Le Corbusier

Biographie de Charles-Edouard Jeanneret-Gris (Le Corbusier)


Charles-Edouard Jeanneret-Gris
(plus connu sous le pseudonyme de Le Corbusier) naît le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds en Suisse.

Il est le fils de Georges-Edouard Jeanneret, graveur et émailleur de montres, et de Marie Charlotte Amélie Jeanneret-Perret, musicienne.

Homme aux multiples talents (urbaniste, sculpteur, peintre, designer, écrivain, architecte), il a travaillé sur des projets à l’échelle mondiale.

Tout au long de sa vie, Le Corbusier voyage pour acquérir de nouvelles techniques et parfaire ses connaissances en s’inspirant des pays visités.
C’est au cours de ses voyages qu’il trouvera l’inspiration pour les éléments artistiques, architecturaux et urbains qui constitueront la base de son œuvre.

Représentant du mouvement moderne, il y introduit de nouvelles idées comme le fonctionnalisme, le purisme et le lien entre nature et architecture.
Pour Le Corbusier, une architecture moderne se définit en cinq points : les pilotis, la fenêtre-bandeau, le plan libre, la façade libre et le toit-terrasse. Principes qu’il appliquera dans ses réalisations.

Le Corbusier décède le 27 août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin, au cours d’une baignade dans la Méditerranée.

L’œuvre de Le Corbusier candidate au classement sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO

Dans le cadre d’une candidature groupée et transnationale, dix-sept œuvres réalisées par Le Corbusier ont été sélectionnées à travers le monde (France, Suisse, Inde, Allemagne, Japon, Argentine et Belgique) et sont candidates à l’inscription sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, sous l’appellation « L’œuvre de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne”. Cette sélection, qui comprend l’Usine Verte de Saint-Dié-des-Vosges, s’appuie notamment sur les qualités architecturales ou urbaines intrinsèques des réalisations, mais également sur leur authenticité et leur contribution à la valeur universelle exceptionnelle de la série des œuvres de Le Corbusier.

Le comité du Patrimoine Mondial se réunit du 10 au 20 juillet 2016 à Istanbul pour examiner les différents dossiers. Le dossier “L’œuvre de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne” sera examiné entre le 15 et le 18 juillet.

Revue de presse sur Le Corbusier :

L’Usine Verte

En juillet 1946, l’industriel Jean-Jacques Duval confie à Le Corbusier la reconstruction de sa bonneterie, fondée en 1908 et détruite aux deux tiers en novembre 1944. L’architecte saisit cette occasion pour réaliser une  « usine verte », une construction entièrement calculée au Modulor, fonctionnelle, 20 % moins cher qu’une construction traditionnelle. La manufacture est reconstruite sur son site initial près de la cathédrale en ruine. Le Corbusier conçoit un projet qui se rattache à l’un des anciens ateliers au niveau du rez-de-chaussée.

L’édifice, long de 80 mètres et large de 12,50 mètres environ, ressemble à une petite Unité d’habitation montée sur pilotis, haute de trois étages et couverte d’un toit- terrasse autonome. Le bloc d’entrée et de circulation verticale s’inscrit dans une aile rejetée en façade arrière. L’organisation interne répond aux contraintes du processus de fabrication. La circulation du tissu et des pièces de confection est indépendante de celle du personnel, elle s’effectuait par des monte-charges et des toboggans supprimés depuis.

Sur le toit-terrasse, Le Corbusier place les bureaux du directeur de l’usine et de l’administration ainsi qu’une salle d’archives et une salle de réunion. Techniquement et plastiquement, la manufacture réussit l’alliage d’une ossature de béton et de deux murs-pignons aveugles en grès rose de réemploi. Les plafonds sont peints de rectangles de couleurs vives. Le contraste de matériaux et de couleurs qui en résulte situe cette œuvre dans la filiation des villas des années trente, qui annonçaient déjà le Brutalisme des années d’après-guerre. Les ateliers largement vitrés sont protégés par des brise-soleil en béton qui jouent un rôle esthétique autant que fonctionnel. Ce sont les premiers réalisés en France, dans l’œuvre de Le Corbusier, quelques mois seulement avant ceux de l’Unité d’habitation de Marseille.

La Manufacture de Saint-Dié-des-Vosges, usine Claude et Duval est une usine textile toujours en activité aujourd’hui. La société fabrique essentiellement des produits de luxe, en maille, pour femmes. Elle collabore avec les grands noms de la haute couture française, belge et américaine.

Le Modulor

Le Modulor est une notion architecturale inventée par Le Corbusier en 1945 
Silhouette humaine standardisée servant à concevoir la structure et la taille des unités d’habitation dessinées par l’architecte.
Elle devait permettre, selon lui, un confort maximal dans les relations entre l’Homme et son espace vital.
Ainsi, Le Corbusier pense créer un système plus adapté que le système métrique, car il est directement lié à la morphologie humaine, et espère voir un jour le remplacement de ce dernier.
« Modulor » est un mot-valise composé sur « module » et “nombre d’or” car les proportions fixées par le modulor sont directement liées au nombre d’or. Par exemple, le rapport entre la taille (1,83 m) et la hauteur moyenne du nombril (1,13 m) est égal à 1,619, soit le nombre d’or à un millième près. La taille humaine standard d’1,83 mètre est basée sur l’observation de l’architecture traditionnelle européenne et de l’utilisation des proportions de cette unité pour élaborer l’harmonie d’une architecture

 

Mai 2015 – Le Modulor, symbole de l’architecture à taille humaine de Le Corbusier est désormais installé à l’entrée de la rue Thiers, à Saint-Dié-des Vosges. 

Cette silhouette de métal mesure 1,83 et 2,26 avec le bras tendu. Ses proportions idéales sont basées sur le nombre d ‘or. Ainsi le Modulor est la hauteur idéale sous plafond d’un appartement.
Le projet de reconstruction de la ville proposé par le Corbusier à la fin de la deuxième guerre mondiale n’avait pas été retenu. Son projet avait deux défauts, il ne pensait pas la rue comme un espace de vie, de plus l’idée de ne pas reconstruire la cathédrale et de mettre sous une cloche de verre les ruines du dynamitage avait choqué la population. Finalement ce fut l’architecte Jacques André qui fut désigné.
Pour le maire de la ville de Saint-Dié-des-Vosges, Le Corbusier rêvait plus les villes qu’il ne les construisait. Il n’y a pas à regretter que son projet n’ait pas abouti.
L’unique construction de Le Corbusier à Saint-Dié est l’usine Claude et Duval. Les travaux avaient débuté en 1948. Ce bâtiment est le premier qui applique ce système de mesure du Modulor.

Le Corbusier a dû surmonter trois contraintes :
– créer un espace fonctionnel pour des activités industrielles
– le rendre agréable pour les salariés
– faire avec un budget serré, celui des dommages de guerre.

 

L’usine Claude et Duval est toujours en activité.
Elle figure en bonne place dans le dossier déposé à l’UNESCO par la France au nom de cinq autres pays (Allemagne, Argentine, Belgique, Japon, Suisse).
Un classement de l’usine dans la Liste du Patrimoine Mondial aurait évidemment de nombreuses retombées pour Saint-Dié. Pour Benoît Cornu, Vice-président de l’association des sites Le Corbusier, notre candidature sera valorisée par cette installation du Modulor.

Les origines de l’association

Dans le cadre du dépôt par la France au nom de cinq autres pays (Allemagne, Argentine, Belgique, Japon, Suisse) du premier dossier de candidature pour l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial des œuvres de Le Corbusier en 2009, il est apparu nécessaire de mobiliser les acteurs locaux.

Pour favoriser la coordination globale entre les sites associés à Le Corbusier, les villes sur le territoire desquelles se trouve une œuvre Le Corbusier ont décidé de se fédérer pour coopérer sur les questions de protection et de promotion du patrimoine Corbuséen.

La réunion constitutive de l’Association des Sites Le Corbusier s’est tenue à Ronchamp le 27 janvier 2010. La création de cette association a permis de définir un cadre de travail mutualisé et un engagement coordonné des collectivités locales au niveau national et international.

Label du XXème siècle

L’ensemble du centre-ville Rive droite de la Seconde Reconstruction de Saint-Dié-des-Vosges (quai de Lattre, quai Leclerc, rue Thiers, rue Stanislas, rue Dauphine, place du Général de Gaulle…) a été labellisé “Patrimoine du XXe siècle” par le ministère de la Culture.
Cette reconnaissance du patrimoine architectural contemporain de Saint-Dié-des-Vosges est pour les déodatiens l’opportunité de regarder autrement la ville où ils vivent, d’en être fiers.
C’est aussi (avec le classement au patrimoine mondial de l’UNESCO de l’usine Duval) une piste touristique pleine de potentialités.

Deux événements ont eu lieu mardi 13 septembre 2016 pou marquer cette labellisation:

  • L’inauguration de la plaque “Patrimoine du XXe siècle” à l’entrée de la rue Thiers.
  • la Table ronde au musée Pierre-Noël
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